Tous les jours il faut grimper jusqu'au site de fouille.
C'est une fois en haut que nous pouvons nous rendre compte du chemin fait.
Les véhicules ne peuvent pas toujours nous amener sur le site; il faut prendre tout le matériel pour la journée. Une fois en haut le travail commence de suite car le temps passe vite.
Les fossiles les plus intéressants sont ceux qui peuvent être découverts « en place » dans les sédiments. En effet cela nous permet de connaître exactement d'où ils proviennent dans la coupe stratigraphique et ainsi de mieux appréhender ce qui c'est passé au Crétacé dans cette région.
dent de poisson dipneuste
élément crânien de poisson
plaque dermique de dinosaure ?
L'observation des différentes couches stratigraphiques nous permet, quand cela est possible, de mieux interpréter le dépôt des sédiments, ici continentaux. Nous pouvons observer différentes strates et comprendre comment le courant a jouer son rôle (stratification entrecroisée) dans ce qui a du être un chenal il y a plus de 90 millions d'années.
Quand l'érosion éolienne (vent) joue son rôle, nous pouvons observer les niveaux sableux plus creusés que ceux un peu plus durs.
Certains insectes profitent de ses sédiments meubles pour y faire des terriers et y pondre leur oeufs ou se mettre au frais!!
Ce qui n'est pas le cas d'autres animaux du désert qui préfèrent se chauffer au soleil.
Nous traversons plusieurs milieux naturels où nous pouvons observer une faune et une flore souvent insoupçonnées.
Ce pommier de Sodome (Caloptropis procera (Ait.) ; en berbère : thora) est un arbuste d'environ 2 mètres de haut. Son écorce crevassée est beige pâle. Ses feuilles sont coriaces est persistantes. Les inflorescences en cymes portent des fleurs odorantes à cinq pétales dont la couleur varie du vert pâle au rose pourpre.
Les fruits, de gros follicules renflés, ovoïdes évoquent des pommes vertes. Cet arbuste contient un latex blanc toxique qui s'écoule à la moindre blessure. Il fait parti de la dizaine d'espèces vivaces représentant les Asclépiadacées. Les botanistes ont pu constater que sa présence correspond à une dégradation progressive des sols : il s'installe sur des terres usées, à végétation pauvre.
Le soir, le travail n'est pas terminé; il faut inventorier ce qui a été récolté. Les fossiles sont dégagés dans la mesure des moyens et du temps disponible : probablement un os de ptérosaure (reptile volant) du Crétacé.
Le travail recommence dès le lendemain sur un autre site qui nous a été indiqué par les autochtones. La chaleur et la poussière rendent parfois le travail difficile.
Dans les niveaux fossilifères nous pouvons mettre à jour des os parfois difficiles à identifier au premier abord .
Parfois le soleil tape un peu trop...
La présence de nos chauffeurs reste un atout très précieux. En effet, en discutant avec les autochtones, ils nous indiquent la « plausible » existence d'un site fossilifère:
dents de ptérosaures et de théropodes (Carcharodontosaurus saharicus ?).
Le temps passe très vite, trop vite; la traversée de villages nous rappelle qu'il n'y a pas que des plantes, des animaux (actuels ou fossiles) mais aussi des habitants qui connaissent parfaitement toutes les ressources de cette région.
Dès l'arrivée dans un village, les enfants accourent : « bonbons, stylos... » :
c'est aussi celà le Maroc!